Droit de vote

Droit donnant à un électeur la capacité de participer à une élection.

Le droit de vote a évolué à plusieurs reprises depuis l'indépendance de la Belgique. Réservé tout d'abord à une élite masculine, il connaîtra une ouverture progressive, suite aux revendications du suffrage universel.

L'élection du Congrès National, en 1830, se fit sur base du vote censitaire, c'est-à-dire du droit de voter à partir de l'importance des impôts versés, et du vote capacitaire, c'est-à-dire du droit de voter du fait de fonctions exercées ou de diplômes. Sur une population estimée à 4 100 000 personnes en 1830, seules 46 099 se voient reconnaître le droit de vote.

En 1831, le vote capacitaire est abandonné. Seul le vote censitaire reste d'obligation. Pour pouvoir être électeur, il est requis d'être un homme, agé au moins de 25 ans, et de payer un impôt minimum, appelé le cens. Ce cens connaîtra plusieurs diminutions, permettant à un plus grand nombre d'électeurs de participer aux élections. Le vote capacitaire finira également par être réintroduit en 1883, augmentant le nombre des électeurs.

Différentes revendications, émanant des progressistes et du Parti Ouvrier Belge, amèneront les luttes pour le suffrage universel. Les discussions seront rudes, et marquées par plusieurs grèves importantes dans le pays. Finalement, un compromis est atteint et qui voit, en 1893, l'introduction du suffrage universel tempéré par le vote plural. Tous les Belges de sexe masculin de plus de 25 ans sont électeurs. Mais certains disposent d'une ou de deux voix supplémentaires (vote plural), pour raisons économiques ou familiales. Le nombre d'électeurs passe cependant de 136 775 à 1 370 687, pour une population d'un peu plus de 6 millions d'habitants.

De même, en 1893, le vote, qui était jusque là facultatif, devient obligatoire. L'introduction de l'obligation de voter, acquise au moment de la révision de la Constitution, fait tomber l'absentéisme de 16% aux élections de 1892 à 6,5% pour celles de 1894.

Il faut attendre 1919 pour voir le suffrage universel pur et simple étend à l'ensemble des citoyens masculins. Inscrit dans la Constitution en 1921, il permet aussi, aux veuves de guerre et aux mères des soldats décédés de participer aux élections. L'extension du suffrage à toutes les femmes, sans condition, ne se fera qu'en 1948.

Plusieurs autres revendications seront menées depuis cette date, notamment sur la diminution de l'âge minimum requis pour voter (à 18 ans, en 1970, pour les élections communales, puis en 1981 pour les autres élections) et sur l'extension du droit de vote aux étrangers. Ce droit sera finalement étendu, d’abord aux seuls ressortissants d’un État membre de l’Union européenne, pour les élections européennes et communales, en 1994, puis aux autres étrangers, sous conditions, pour les seules élections communales, en 2006.